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Un Noël inédit…

Ce lundi 7 décembre marque dix-huit mois depuis que Paloma nous a quittés. Et Noël revient, déjà. L’an dernier, le premier sans Paloma, Paz et moi le redoutions plus que tout ; nous avons longtemps cherché comment y échapper, songeant très sérieusement à passer les fêtes dans un pays musulman voire en Corée du Nord, mais Bruno, soucieux de se raccrocher du mieux que possible aux traditions rassurantes, nous a finalement convaincus de faire comme l’année précédente, et ce fut bien plus paisible que nous ne l’aurions cru, ma mère ayant remplacé l’étoile de sa crèche par une photo de notre fille et le reste de la famille ayant des attentions pour elle : bougies, portraits, photos…

Comment sauver Noël cette année ? L’incertitude et l’ambiance morose font que nous sommes nombreux à appréhender cette période. Beaucoup d’entre nous ont perdu un être cher cette année, que ce soit de la covid ou autre et ce Noël ne sera pas comme les autres. Or, quel Noël est semblable aux précédents ? Quelle fut l’année où il ne manqua personne, en voyage, malade, à l’étranger ou nous ayant précédé dans l’Éternité ? Celle où, un mariage, une naissance,… ne fut pas la raison d’un couvert supplémentaire ?

Cette année, nous n’irons pas à Paris, mais je serai avec Paz et Bruno et dans ma belle-famille, si le gouvernement espagnol le permet.

Peut-être, plutôt que de chercher autour de nous la lumière, – ce symbole de Vie et de la Nativité entre tous, – plus que jamais cette année, faut-il prendre soin de celle que nous avons en nous, être lumière, pour nous, pour les autres, nous réjouir de l’instant et ne pas nous préoccuper de tout ce qui pourrait nous arriver de mal, de tout ce que nous ne maîtrisons pas, ne pas nous morfondre à cause du passé ou nous tourmenter pour l’avenir mais, selon la formule de Christian Bobin : « aller de “maintenant” en “maintenant” », simplement, sereins dans l’espérance.

Cette année, plus que jamais, je voudrais me réjouir de la joie que me donnèrent tous ceux qui ne sont plus là pour ces moments précieux, festifs ou pas, en leur compagnie, où leur présence ensoleilla ma vie, instant fugace à l’empreinte profonde, ou années consécutives et dont je dois honorer le souvenir. Cette année où les tables compteront plus d’absents qu’à l’habitude, nous pouvons, grâce aux nouvelles technologies, voir plus de monde que nous ne l’aurions fait sans ces restrictions, et ressusciter des traditions épistolaires oubliées, voire « e-pistolaires »

pour des fêtes plus originales et mémorables que jamais, la situation actuelle nous obligeant à nous réinventer et à être particulièrement imaginatifs !

Ces mots, je les écris autant pour m’en convaincre que pour vous qui les lirez, parce que

les écrire m’aide à y croire, y croire m’aide à les vivre et les vivre m’aide à aller mieux.

Je vous souhaite donc, du fond du cœur, à tous, le plus doux des Noëls.

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